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Le bâtiment au carrefour des exigences
normatives et des attentes de la personne

Favoriser le maintien à domicile des personnes qui le souhaitent, adapter les maisons de retraite et établissements d’hébergement médicalisé à la dépendance croissante d’une population âgée de plus en plus nombreuse… Les solutions d’automatismes existantes peuvent déjà contribuer à relever ces défis. Mais la question de l’autonomie ne se limite pas aux seules situations de dépendance. L’accessibilité des bâtiments publics, rendu obligatoire par la loi du 11 février 2005, doit prévoir leur modernisation, en phase avec les attentes des citoyens : hospitalité, bien-être, convivialité, création de liens sociaux… L’immobilier de bureau, les commerces ou le parc hôtelier sont confrontés à de nouvelles exigences qui dépassent les contraintes normatives : prendre en compte le travail à distance ou au sein d’espaces partagés, accéder à la cinquième étoile sur la base de standards de confort internationaux, créer des atmosphères sources de convivialité et de fidélisation de la clientèle ; assurer la continuité de service avec des coûts de maintenance et d’exploitation optimisés...



Le développement inéluctable du maintien à domicile


D'ici 2030, les personnes dépendantes de plus de 75 ans seront en augmentation de 70% en Europe.
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Rester à domicile lorsque c’est possible est le souhait d’une très large majorité de personnes en situation de perte d’autonomie et de leurs familles [20]. Or la population de personnes dépendantes âgées de 75 ans ou plus devrait augmenter de plus de 70% en Europe d’ici 2030 dans les conditions de santé d’aujourd’hui. Dans le même temps, le nombre des personnes ressources, qu’elles soient professionnelles ou membres des familles devrait diminuer [11].
Le maintien à domicile constitue donc un enjeu social et économique majeur pour notre société. Il est l’un des objectifs du Plan Solidarité – Grand Âge (2007 – 2012), visant à offrir aux personnes âgées tous les soins nécessaires, des traitements les plus simples aux plus complexes. A l’échéance des 5 ans, 504 M€ seront consacrés au libre choix du domicile. Les capacités d’hospitalisation à domicile auront doublé d’ici 2010 avec 15000 places [12]. Dans ce contexte, le logement doit s’adapter. Un « plan personnalisé de compensation pour l’autonomie », qui prendrait en compte toutes les dimensions des aides, est préconisé par la CNSA : aides humaines, aides techniques ou domotiques, aides d’aménagement, aides aux aidants familiaux [20]. Par ailleurs, la prestation du handicap qui découle de la loi du 11 février 2005 permet à toutes les personnes handicapées, sans condition de ressources, de financer les aides humaines, techniques, et les aménagements du logement nécessaires à leur pleine autonomie.
Selon le Pr. Vincent Rialle, « chacun reconnaît que retarder, ne serait-ce que de 6 mois, l’entrée en institution d’une personne âgée, fragile, isolée, à risque de chute et connaissant quelques troubles cognitifs, peut représenter un gain considérable tant pour la personne concernée que sur le plan économique. Un tel délai peut être obtenu grâce à un équipement domotique adapté».
Les automatismes peuvent d’ailleurs favoriser l’autonomie des habitants tout au long de la vie si l’installation électrique et le réseau d’information ont été pensés pour rendre la maison évolutive dans le temps sans travaux dans les murs. Pré-câblage, commandes radio ou infrarouge, réseau de communication et prises universelles doivent alors faire partie du programme.

[20] MTRSFS : 1ères propositions, mai 2008


De la maison de retraite à l’hébergement médicalisé


Des besoins annuels estimés entre 5000 et 7000 places supplémentaires.
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Entre maintien à domicile et hébergement en établissement, il faut inventer la maison de retraite de demain, ouverte sur la cité et offrant toute une palette de services de jour pour favoriser le maintien à domicile et mieux préparer l’entrée en hébergement. Il s’agit à la fois de places d’accueil de jour, mais aussi de places d’hébergement temporaire, permettant de recevoir des personnes âgées pendant que la famille ou l’aidant travaillent ou sont en vacances. A ce titre, le plan Solidarité - Grand Âge propose parmi ses mesures le développement des « maisons familiales » qui verront cohabiter dans un même pavillon des personnes âgées et un accueillant professionnel hébergé avec sa famille.
Parfois, le recours à l’hébergement médicalisé peut s’imposer d’emblée. Dans ce cas, le 2ème objectif du 5ème risque est d’augmenter le nombre de places en établissements spécialisés et d’alléger le reste à charge pour la famille.  Il existe aujourd’hui 625 000 places en maison de retraite, dont 405 000 en maisons de retraite médicalisées [12]. On estime qu’il faut créer entre 5 000 et 7 000 places supplémentaires par an, avec plusieurs leviers mis à contribution pour leur modernisation : enveloppes anticipées, aide à l’investissement, aide à la formation professionnelle, représentant une enveloppe de 500 M€ auxquels s’ajoute la participation des Conseils Généraux [20]. La médicalisation des EHPAD est un impératif pour le bien-être des résidents, pour faciliter la coordination avec les soins de ville et hospitaliers. Mais un tel dispositif ne suffit pas pour lutter contre l’isolement des personnes âgées et leur redonner une place dans la société. L’accès à l’information et aux services, la personnalisation du cadre de vie par l’image, le son et la lumière avec des interfaces de commande adaptées à tous quelles que soient les déficiences, doivent faire de ces lieux d’accueil de véritables havres d’hospitalité et de convivialité.


Un service public  à l’image de la société d’aujourd’hui


Mise en conformité des bâtiments publics : une facture de 15 Mds d'euros.
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Sur 650 000 ERP, 173 000 sont gérés par les collectivités locales dont :
- 158 000 par les communes (mairies, écoles, crèches, bâtiments administratifs et sociaux, maisons de quartier/associations de la culture, bâtiments culturels, gymnases, piscines, salles publiques diverses, offices du tourisme, police municipale, lieux de culte),
- 13 000 par les Conseils généraux (bâtiments administratifs, sociaux et culturels)
- et 2000 par les Conseils régionaux (bâtiments administratifs et lycées)
La mise en conformité des bâtiments publics représente une facture de 15 milliards d'euros hors frais de maîtrise d'œuvre, pour les communes, les départements et les régions [21].
Cette indispensable modernisation des établissements doit permettre d’assurer le même confort d'usage pour tous les contribuables, handicapés ou non.
Cette modernisation doit aussi refléter l’image d’un service public en phase avec l’évolution d’une société dans laquelle la personne est au centre d’enjeux qui dépassent de loin la mise en conformité légale : hospitalité, efficacité de la prise en charge, bien-être, accès à l’information et aux services, convivialité, création de liens sociaux tissent la trame de fonds.

[21].APAJH, FFB, Dexia, étude Accesmétrie, février 2007


Intégrer une nouvelle vision du travail


Le télétravail concerne 14 Millions de personnes en Europe.
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Echanges privés ou professionnels, tout passe par Internet qui devrait accueillir 1,5 milliards d’internautes en 2011, soit à l’échelle mondiale 36% de plus qu’en 2006 [22].Signe des temps, le télétravail concerne aujourd’hui 14 millions de personnes en Europe, alors qu’il n’en représentait que 4,5 millions en 2002. En France, il représenterait 7% de la population active, contre près de 25% aux Etats-Unis. Le type de télétravail le plus répandu en France est le travail nomade (20%) qui associe un poste physique au sein de l’entreprise avec un travail extérieur : chez soi, dans le train, dans un bureau éloigné [23]. D’ici 2010, les portables devraient représenter plus de 50% des ventes totales de PC [24]. Le Wi-Fi intègre tous les produits communicants mobiles. Le marché global des Smartphones a évolué de plus de 29% au cours des 4 premiers mois de 2008 représentant 32,2 millions d’unités vendues dans le monde [25]. En revanche, l’investissement dans l’immobilier de bureau ne devrait atteindre que 15 Mds d’€ en 2008 contre plus de 30 Mds en 2007. Avec la crise financière et la raréfaction de l’accès au crédit, Atisréal annonce une diminution de 14% des locations de bureaux en Europe sur les 9 premiers mois de 2008. Quoi qu’il en soit, le travail reste à l’ordre du jour dans les salles de réunions, de conférences et formations mais aussi dans les salons des hôtels, les halls de gare ou d'aéroport... Ces espaces de travail partagés se substituent peu à peu aux traditionnels bureaux attribués qui peuvent rester inoccupés jusqu'à 70% du temps de mise à disposition [26].
Ils ont aussi en commun d'être des lieux d’échange dans lesquels on a besoin de moduler la lumière, de disposer d’équipements de sonorisation et de visualisation, d’accéder aux réseaux d’information et d’avoir à portée de main des solutions de branchement et de commande sans fil ou à distance…
En corollaire, la liberté et la maîtrise de ses conditions de travail offertes à un salarié évoluant dans des environnements variés dotés de tous les moyens technologiques permettant de les transformer en espaces de travail, seraient à l’origine d’un gain moyen de productivité d’environ 30 minutes par personne et par jour [26]. L’accélération du flux d’information interne pourrait atteindre 30%, avec une hausse du taux de satisfaction générale de près de 40% [26].

[22] Jupiter Research
[23] CEDEF 02/08/ 2008 /Ministère de l’Economie, de Industrie et de l’Emploi
[24] Atelier groupe BNP Paribas – 22/03/2007
[25] Gartner Inc.
[26] Cabinet DEGW – 2008


La modernisation est en marche pour les commerces de proximité et le parc hôtelier


Le potentiel du commerce de proximité est estimé à 40 000 nouveaux établissements.
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Le commerce de proximité représente 340 000 magasins de moins de 400 m², employant 830 000 personnes, soit 50% des effectifs du commerce. Le potentiel de ce secteur est estimé à 40 000 nouveaux établissements et à 200 000 créations d’emplois sous réserve de répondre aux attentes des consommateurs [27] : apports de praticité, accès facilités, signes de « renouveau » et de dynamisme, prix attractifs, sans oublier le désir d’identification à la marque. Dans ce domaine lié à l’image, la création d’atmosphère (ambiances lumineuses et jeux chromatiques, son, image, senteurs…) vise à personnifier le style d’une marque ou d’un établissement qui transfère ainsi son aura sur ses services ou ses produits. Faire du shopping une source d’énergie, un lien social ou même un repère culturel au gré d’un parcours vécu comme une expérience émotionnelle, impacte l’hospitalité du lieu, sa convivialité et par là même sa fréquentation, la fidélité de sa clientèle et l’acte d’achat. D’après Henri Rivière, architecte (agence Moatti et Rivière), « l’important, c’est la trace que ce lieu va graver dans notre mémoire : un lieu à forte identité, où l’on aime à se retrouver, à se rassembler, dans lequel la reconnaissance et la liberté d’évoluer se conjuguent avec le désir d’acheter ou de consommer. Car on revient toujours dans les lieux que l’on a aimés ».
Pour aider les entreprises à relever ces défis, le FISAC [27] leur accorde un taux d’intervention de 30%, plafonné à 30 000 €, pour les dépenses d’investissements relatifs à leur modernisation. Ce taux est porté à 40% pour les dépenses liées à la sécurisation des magasins ou celles favorisant l’accès aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Ces mesures s’appliquent aussi aux cafés et restaurants permanents [27]. Même son de cloche pour le parc hôtelier : sur les 18 000 hôtels classés tourisme, 15 000 doivent être rénovés dans toutes les catégories, 65% (environ 400 000 chambres) nécessiteraient une rénovation totale, 20% une rénovation « moyenne » et 15% sont irréprochables. Les travaux à venir estimés à 10 Mds d’€ portent sur les mises aux normes (accessibilité, sécurité, performance énergétique, développement durable) mais aussi l’adaptation au marché selon des standards de confort internationaux (Internet, TV numérique écran plat, chauffage-rafraîchissement,…) : un coût moyen estimé entre 5 000 et 20 000 € par chambre [27], pour être à l’hôtel comme à la maison.

[27] Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, juin 2008
[28] Fond d’Intervention pour les Services, l’Artisanat et le Commerce