Fibre optique :
le sésame du très haut débit
Le haut débit a permis le décollage de l'Internet et le développement de nouvelles applications. L'enjeu est désormais le très haut débit qui ouvrira des vitesses de transfert de l'ordre de 100 Mbit/s. Celui-ci passera par la mise en œuvre de la fibre optique et autorisera une classe de nouvelles applications.
Fin 2006, 55% des Français avaient une connexion à Internet* et 9,5 millions de foyers étaient reliés en haut débit, soit 84 % des foyers connectés à Internet. La notion de haut débit apparue avec la mise en œuvre de l'ADSL est directement liée à l'explosion de l'Internet. Sa technologie utilise les câbles téléphoniques traditionnels. Depuis les premières offres, le haut débit a évolué et les opérateurs proposent aujourd'hui des offres jusqu'à 8 Mbits/s.
Fibre optique pour du très haut débit
mais à quel coût ?

L'utilisation généralisée de la fibre optique serait-elle trop coûteuse ?
Le très haut débit (THD) va permettre de passer à des débits de 50, voire 100 Mbits/s. Il sera sans doute synonyme de fibre optique et rendra possible de nouvelles applications comme la vidéo en haute définition à la demande. Les déploiements des réseaux de fibre optique jusqu'au domicile des abonnés vont représenter une envergure et un coût très important. Pour l'instant, le très haut débit n'est diffusé que de manière expérimentale dans quelques rares zones géographiques : Pau, Amiens, Paris citéFibre, les Hauts-de-Seine. Sa diffusion généralisée pose 2 grands problèmes. Le chantier est qualifié de “pharaonique” : le creusement des tranchées nécessaire à l'installation des fibres optiques pourrait représenter jusqu'à 80 % de l'investissement global. Second problème : l'absence de réglementation en matière de déploiement des fibres. France Telecom est pour le moment propriétaire des fourreaux installés par l'Administration des Postes et Télécommunications pour la construction du réseau téléphonique et du réseau câblé dans les Villes du plan câble.
Les technologies d'accès au très haut débit
La fibre optique est divisée en quatre grandes catégories qui se distinguent par la répartition entre fibre optique et câble de cuivre.
DÉGROUPAGE
La fibre optique assure la liaison jusqu'au répartiteur pour laisser place à la paire de cuivre ensuite jusqu'à l'abonné. Le débit autorisé est de l'ordre de 25 Mbits/s.
FTTC (Fiber to the cabinet)
La fibre court jusqu'au sous-répartiteur, la paire de cuivre assurant la liaison du sous-répartiteur à l'abonné. Le débit monte alors à 40 Mbits/s
FTTB (Fiber to the building)
La fibre se rapproche de l'abonné en allant jusqu'au point de concentration (au pied de l'immeuble), le reste pouvant être assuré par de la paire de cuivre ou du câble coaxial. Le débit peut atteindre les 100 Mbits/s.
FTTH (Fiber to the home)
La fibre va jusqu'au poste de travail de l'abonné. Les perspectives sont immenses allant de 100 Mbits/s à 1 Gbit/s (voire plus). Là, les applications qui pourront tirer parti d'un tel débit ne sont pas encore toutes connues.
Mutualiser les moyens et les coûts

Pour réussir le passage au très haut débit, il faudrait réduire les barrières à l'entrée en mutualisant tant les fourreaux existants que les nouveaux investissements de fibre optique. Il faudrait aussi permettre à tous les acteurs de lutter à armes égales pour développer une offre attractive et concurrentielle de THD.
L'Arcep a mis en consultation publique plusieurs options de mutualisation qui se distinguent par les technologies employées (passive ou active), par le niveau de mutualisation (voir tableau ci dessous) et par les modèles économiques (co-investissement, tarification à l'accès). Cette consultation va permettre de recenser les infrastructures existantes et réfléchir sur la manière de partager les parties terminales de fibres. L'enjeu est de taille : puisqu'il s'agit du développement du très haut débit en France dans les dix prochaines années.
POINT-À-POINT PASSIF
Comme c'est le cas pour la paire de cuivre, chaque abonné est relié au central par une fibre. Cette architecture offre une sécurité maximale.
POINT-MULTIPOINT PASSIF (PON pour Passive Optical Network)
Une fibre commune jusqu'au central optique, un équipement passif proche de l'abonné, et ensuite une fibre par abonné. Chaque abonné est doté d'un matériel baptisé ONT (Optical Network Terminal) qui filtre les contenus envoyés par l'OLT (Optical Link Terminal) situé sur le central optique
POINT-MULTIPOINT ACTIF
Le commutateur du central optique retransmet les contenus uniquement sur la fibre de l'abonné destinataire. C'est un élément actif. C'est aussi une architecture plus complexe.
