
RT 2012 : la révolution en marche
Premier bilan et prospectives
Connue de tous les professionnels du bâtiment, la RT 2012, déjà applicable aux bâtiments tertiaires depuis le 1er juillet 2011 et à compter du 1er janvier 2013 aux bâtiments résidentiels a pour objectif majeur de faire passer la consommation d’énergie primaire en dessous de 50 kWh par m² et par an en moyenne (à l’identique des bâtiments BBC). La RT 2012 aura été le fruit d’une longue et large consultation avec plus de 2 ans de consultations, de travaux et de tests d’applicabilité pour aboutir en novembre 2010 à la publication des textes réglementaires et à la disponibilité des logiciels d’application. La RT 2012 a engendré une véritable révolution dans les principes même de conception, de construction et d’utilisation des bâtiments. Il paraît à ce jour opportun d’en tirer un premier bilan et d’en imaginer les conséquences à moyen terme.
Rappel des principales exigences en matière de performance
Il faut rappeler que les objectifs globaux de la RT 2012 sont de diviser la consommation globale d’énergie d’un bâtiment par 2, voire jusqu’à 4, par rapport aux exigences de la RT 2005, selon la zone géographique, le type d’usage du bâtiment … Les principales exigences concernent l’efficacité énergétique minimale « structurelle » du bâti qui se traduit en besoin bioclimatique ou « Bbiomax », la consommation maximale (ou Cmax) dans les usages tels que chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage plus quelques auxiliaires et le niveau de confort en été durant les périodes chaudes. Bien sûr, cela engendre la mise en œuvre de moyens appropriés notamment quant au traitement des ponts thermiques, de l’optimisation des surfaces vitrées, de la mesure, du comptage et de l’affichage de la consommation d’énergie, de l’installation de moyen de production d’énergies renouvelables pour l’autoconsommation. L’ensemble de ces exigences étant assortis de plus de souplesse et de simplicité dans sa mise en œuvre.

Cmax éxigés par zone climatique (bureaux et résidentiel)
Avancées et résultats générés par la RT 2012
Grâce aux nouvelles technologies d’isolation et de chauffage, les besoins en chauffage ont été divisés par 2 à 3 par rapport à des bâtiments construits selon la RT 2005. Avec les nouvelles technologies de gestion d’éclairage et de sources lumineuses, ainsi qu’en modifiant les
« bonnes » pratique d’usage, le poste éclairage a vu sa consommation réduite de 30%. Autre bénéfice au niveau européen : la France a pris de l’avance en optant pour un calendrier avancé de mise en œuvre et pour la fixation d’une valeur absolue maxi en Cmax ; par exemple pour l’Allemagne, son dernier règlement date de 2008 et n’exige que 110 kWhEP/m² par an (chauffage et éclairage), pour le Royaume-Uni, renforcement des éxigences de 25% mais sans plafond en valeur absolue … Concernant spécifiquement les logements, le BBC est déjà devenu le standard du marché avant même que la RT 2012 ne soit obligatoire, avec un cumul de 50 000 demandes de certification à mi 2010.


Logements collectifs : Evolution et tendance (2008 - Juin 2011) des demandes de labellisation BBC-Effinergie

Perspectives et devenir de la RT 2012
La RT 2012 a sans conteste permis à l’ensemble des acteurs du bâtiment de se dépasser pour épouser cette révolution. Ils en sont tous sortis avec une avance de savoir faire et une nouvelle image poussée sur les nouvelles technologies (même si on peut regretter du sur place quantitatif en matière de capacité de production d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques made in France). Les investisseurs particuliers ou professionnels ont majoritairement compris l’intérêt économique et écologique de cette révolution et ont accepté le léger surplus d’investissement pour une meilleure valorisation de leurs bâtiments. Cette RT 2012 sera suivie par son évolution, la RT 2020, programmée dès 2005 dans le programme d’orientation de la politique énergétique, issue elle-même des accords de Kyoto. La RT 2020, nous engageant sur les bâtiments à énergie positive (BEPOS) contraindra les investisseurs à un nouveau seuil de Cmax et de l’intégration de système de production d’énergie.
Il faut maintenant accepter une deuxième révolution, qui sera celle de l’optimisation énergétique de tous les appareils électriques et électroniques. Les ordinateurs, les data centers, les réfrigérateurs et congélateurs, les sèche-linges, les transformateurs d’alimentation ou de recharge… sont encore très énergivores et ne sont pas passés par une « réglementation énergétique ».
De beaux challenges devant nous pour s’engager définitivement vers un comportement en harmonie avec notre planète et vers une totale responsabilité pour les générations à venir !
- En savoir plus sur la RT 2012 (pdf - ADEME)
- En savoir plus sur le developpement durable (ministère de l'écologie, du développent durable, des transports et du logement)
- En savoir plus sur la performance énergétique du bâtiment (site effinergie)
Novembre 2011


